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Mondialisation : les réseaux sociaux tissent la nouvelle société civique

C’est quoi un réseau social et pourquoi ce succès ? Quelles sont les clés de cette réussite ?

Le véritable succès des réseaux sociaux réside dans son pouvoir de décentrement et surtout à la désincarnation des rapports. Débarrassés du besoin de justification et d’explications, affranchis des limites matérielles, temporelles et morales, les individus évoluent avec leur propre conception des libertés inaugurant ainsi l’air de l’individualisme.

Dans la vie, notre cercle “d’amis ou de connaissances” est plus souvent lié à notre résidence géographique ou à nos habitudes professionnelles. Notre unicité s’est de tout temps révèlée par la constitution de notre structure sociale et notre histoire. Mais la désincarnation qu’amène Internet, permet de communiquer au-delà de notre épicentre physique, débarrassé de toutes contraintes liées à la chair… ce qui n’est pas sans danger. Ignorer délibérément nos limites physiques et les notions de responsabilités intimement liées à notre état charnel, nous pousse sur le chemin glissant de la schizophrénie virtuelle, là où de nouvelles expériences cognitives finissent par nous confondre dans une vie parallèle…

C’est donc tout le concept même de la présence qui est remis en cause. Il a muté sur internet au point que l’illusion de la proximité physique est totale. La frontière entre réel et virtuel n’est plus du tout pertinente. Des chercheurs ont même admis qu’”il y a une transformation des expériences cognitives au point de s’interroger si les évènements qui surviennent dans le monde virtuel ne sont pas effectivement vêcues par le sujet…” Pertinent, non ?

Dénués de toutes scories relationnelles, les contacts se créent de façon très rapide. Fini les travers qui freinent l’épanouissement personnel, on ose. L’absence du corps ainsi que sa mise à distance permet donc à nos sociétés modernes de repenser “la relation” à l’autre en nous débarrassant de tous ces facteurs qui empêchent la satisfaction d’un désir imminent, qu’ils soient d’ordre culturel, religieux, pathologique, phobique, psychologique, psychique ou bien simplement liées à notre entourage et notre éducation.

Au contact des autres, nous sommes donc tous contraints de penser “la relation” autrement. Nous redécouvrons le sens de l’humanité, la solidarité, la fraternité et l’universalité, la mondialisation étant l’aboutissement de toutes ces remises en question. Grâce à la force des réseaux sociaux, nous assistons au décloisonnement des communautés physiques par la création de nouvelles sur la toile, et pas toujours à l’image de nos réalités quotidiennes. Elles sont toutes liées entre elles par le même combat : causes communes, métissage des genres et des couleurs. Nous sommes uniques à la lumière de nos différences et sans elles, nous perdons notre identité. Ce qui expliquerait pourquoi la nouvelle génération verse tant dans la tyrannie du branchement et sont autant obsédé par le lien, en perpétuel recherche de solutions pragmatiques pour un univers où on évince nos frustrations et nos blocages, mais aussi le danger, les erreurs et les errements.

En toute logique, les politiques sont donc forcés de remettre l’Homme au centre des objectifs et à le considérer dans un ensemble, comme membre à part entière de l’Univers et comme faisant partie du système de fonctionnement de la Nature. La question de la survie humaine est d’ailleurs au centre de toutes les questions et décisions politiques, c’est ce qui change radicalement la donne de nos élites. Il s’agit en effet de repenser la survie de l’humanité et de fixer ensemble les nouvelles orientations sans faire de concession.

C’est cette nouvelle société civique qui se construit par le bas, à l’insu des élites, qui est dorénavant rendue possible grâce à Internet. Ce fabuleux outil social permet de mesurer le mouvement et de faire peser le poids des mots dans notre monde moderne. Jamais société n’a été aussi entendue par le pouvoir, jamais société n’a autant échappé au contrôle des élites. Internet via les réseaux sociaux permet à chacun, individuellement, de revendiquer le choix de maitriser sa vie. Les enjeux sont devenus purement existenciels.

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